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mardi 28 juin 2011

Nouveaux documents chez Audio-Shama !




Audio-Shama au Brassus, nous propose de nouveaux documents concernant la seconde guerre mondiale, et plus précisément 2 CD et une brochure sur les passages dans le Risoux !

Également disponible depuis le mois de mai 2011, en Suisse comme en France, le livre de Victoria Cordier enfin réédité aux éditions "Presse du Belvédère" : " Ce que je n'oublierai jamais ". Cette réimpression est une véritable bonne idée ! Mais, contrairement à l'édition originale, le chapître concernant sa relation avec Jean-François Meylan ni figure pas, décision prise suite à un différent familiale, selon mes dernières informations.

Cliquez sur les images pour les agrandir.

Disponible aux éditions AUDIO-SHAMA CP - 76 1348 Le Brassus

dimanche 26 décembre 2010

Une "Juste" Combière s'est éteinte...



Pour suivre le message précédent, voici un article du Journal "24 heures".

"Une des dernières «Justes» de Suisse s’est éteinte le 18 décembre dernier à Wabern, dans le canton de Berne. La mort de cette femme de 94 ans au destin extraordinaire va certainement attrister de nombreux Combiers. Car c’est bien au Sentier, le 12 avril 1916 qu’Anne-Marie Piguet – qui deviendra Im Hof-Piguet par mariage un peu avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale – voit le jour.

Son destin, elle le rencontre alors qu’elle n’a que 26 ans, quand elle décide de renoncer provisoirement à sa vocation d’enseignante pour se mettre au service de la Croix-Rouge suisse, en 1942. Alors que l’horreur de la guerre secoue l’Europe, elle est envoyée au Nord de Lyon, dans un château transformé en colonie pour enfants orphelin, ou séparés de leurs parents. Parmi cette centaine de petits affamés, la Combière dénombre de nombreux Israélites et s’en inquiète, consciente qu’elle est de l’antisémitisme qui gagne la France.

Ses craintes se vérifient quand une rafle - heureusement déjouée - frappe la colonie où elle travaille, en novembre 1942. Anne-Marie Piguet décide alors de faire passer clandestinement ses jeunes protégés à la vallée de Joux. Elle organise une filière en s’associant, en juin 1943, avec deux résistantes françaises du Jura français. A elles trois, elles sauvent plusieurs vies, notamment grâce à la connaissance hors pair d’Anne-Marie Piguet des bois du Risoux. Bon an mal an, elle parvient à faire passer 14 personnes.

La médaille des Justes - qui est décernée à ceux qui pendant la guerre ont risqué leur vie pour sauver des Juifs - lui a été remise en 1991. En mai dernier, elle s’était rendue à la Cinémathèque suisse pour la première projection publique de ses entretiens avec Jacques Poget, transformés en Plans-Fixes."

Anne-Marie nous a quitté




Quelle bien triste nouvelle, j'ai découvert hier, dans la presse helvétique !
Un témoin clef, des années 39-45, des déportations; la créatrice de la filière Anne-Marie Im-Hof Piguet nous a quitté, samedi passé, le 18 décembre. Elle laissera derrière elle un grand vide. Femme au Grand Coeur, douée, mais humble, elle figurait parmi les derniers " résistants " de 39-45. Elle laisse à Jean-François Meylan, et Bernard Bouveret, le soin de laisser les pages de cette terrible période, encore ouvertes. Ils sont les derniers témoins....

J'ai eu la chance de converser avec Anne-Marie en janvier 2008. Ce souvenirs restera gravé pour toujours.

Voici ce que le Journal "Le Matin" écrit à son sujet :

" La Vaudoise Anne-Marie Im Hof Piguet, pacifiste et résistante, est décédée à l'âge de 94 ans. Originaire de la Vallée de Joux, elle avait sauvé des enfants juifs durant la Deuxième Guerre mondiale.

Anne-Marie Im Hof Piguet est morte samedi passé à 94 ans, a annoncé sa famille vendredi. Cette pacifiste née dans la Vallée de Joux avait sauvé une douzaine d’enfants juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale, ce qui lui avait valu la médaille des Justes en 1991.

De 1942 à 1944, la jeune femme travaille dans le sud de la France pour l’oeuvre de secours aux enfants de la Croix-Rouge suisse. Elle est le témoin direct de la mise en place de la «solution finale» alors qu’elle s’occupe de garder des enfants juifs dont les parents ont été déportés.

La Combière noue des contacts avec deux résistantes françaises. Elle monte une filière à travers le Risoud et réussit à faire passer la frontière franco-suisse à une douzaine d’enfants juifs.

De retour en Suisse après la guerre, elle fonde une famille avec l’historien Ulrich Im Hof, décédé en 2001. Cette pacifiste s’engage pour le Tiers-Monde et en faveur de l’acceptation des réfugiés en Suisse. Elle participe notamment à la création, en 1959, de la Fondation Swisscontact, active pour une meilleure formation professionnelle dans les pays en voie de développement.

Anne-Marie Im Hof-Piguet a obtenu plusieurs distinctions pour son engagement. Elle reçoit ainsi en 1991 la médaille des Justes à la fondation Yad-Vashem à Jérusalem. Elle emporte, un an plus tard, le prix Doron, doté de 100 000 francs, pour son courage et la conscience de ses responsabilités en des temps difficiles.

Un film

A 82 ans, Anne-Marie Im Hof Piguet devient la première femme distinguée par le prix annuel de la Société internationale pour les droits de l’homme. Lorsqu’elle est honorée en 1991 par sa commune de domicile, Köniz, dans la banlieue bernoise, elle déclare que son engagement durant la Deuxième Guerre mondiale l’a marquée pour le reste de sa vie.

Le film «Plans-fixes - Anne-Marie Im Hof-Piguet, Juste parmi les nations» retrace son histoire et rend hommage à son courage. Il a été projeté à la Cinémathèque suisse au printemps dernier en sa présence. Une cérémonie d’adieu aura lieu le 7 janvier à Köniz (BE), précise les avis mortuaires parus vendredi dans plusieurs journaux.

Anne-Marie Im Hof Piguet était née au Sentier en 1916. Elle avait obtenu une licence de lettres à Lausanne en 1940."

Reste à savoir, si son lieu d'origine; la Vallée de Joux; consentira à lui dédier une vraie cérémonie du Souvenirs.

vendredi 25 juin 2010

Achille Griffon, la fin d'une histoire


A quelques jours de la Rando des Passeurs, qui rend hommage à nos amis; l'un des derniers survivants de cette terrible période 39-45 est décédé dans la nuit du 24 au 25 juin. Achille Griffon, résistant, et ami de Bernard Bouveret s'est donc éteint.

D'un naturel silencieux, connu pour son sourire énigmatique, il a certainement détenu dans sa poche, la preuve de la préparation du Débarquement. Le 30 juillet 1943, Bernard et Achille furent arrêtés lors de leur arrivée en Suisse, dans la Vallée de Joux, et plus précisément derrière la maison à Fred. Arrêtés, transférés à la prison de Lausanne, ils furent tout deux interrogés par les Douanes Suisses, très heureuses de leur butin !
Achille détient sur lui un microfilm, caché dans un morceau de pain sec. Malgré les interrogations de la Douane, rien n'y fait, le microfilm n'est pas divulgué. Et grâce à l'intervention de Cordey, les deux suisses seront relâchés.

On ne sera donc jamais ce que divulguais ce fameux microfilm. Et Achille sera resté fidèle à lui même, mystérieux, et silencieux.

C'était un petit texte en sa mémoire. Je n'ai jamais rencontré Achille, je sais que Gérard le connaissais. Je ne manquerai pas de revenir en détail sur cet homme.

Le temps avance inexorablement. Et avec lui, les derniers témoins disparaissent aussi. Seule notre mémoire permettra à nos enfants de ne jamais oublier ce que ces hommes et femmes ont fait durant la guerre !

Bye bye Achille !

dimanche 23 mai 2010

Anne-Marie Im-Hof Piguet



La célèbre combière de la Vallée de Joux; Anne-Marie Im-Hof Piguet; sera présente le mercredi 26 mai prochain, à la cinémathèque de Montbenon, dans le cadre d'une séries d'entretien filmés, ou elle raconte "sa filière" de 1942. Âgée de 93 ans, elle reste en forme, même si elle ne se déplace qu'en chaise roulante.

Voici l'article du journal "24 Heures" du samedi 22 mai.

Pour agrandir l'article, cliquez sur la photo.

vendredi 2 avril 2010

"Le Rendez-Vous des Sages "



C'est annoncé, le 5 avril, le livre " Le rendez-vous des Sages " sera de sortie dans vos librairies ! Les éditions " Presse du Belvédère " font donc paraître certainement l'un des derniers ouvrages sur le thème de la Seconde Guerre dans le Risoux. Mais plus que des mots, je vous laisse lire le passionnant résumé de ce livre, retraçant donc l'histoire de Bernard Bouveret ! A voir absolument !

lundi 8 février 2010

La Générale Melliès

Si il y a bien une femme étonnante durant cette période, c'est sans aucun doute la Générale Melliès ! Veuve, elle a, durant la 1ère guerre mondiale, officié comme infirmière sur le front. Elle obtint la médaille de la Légion d'honneur. Ainsi, elle fût d'un grand service au réseau Corvette, dont Victoria était membre. Sa maison, située à Chapelle des Bois servait de cachette pour les déportés en attente de traverser le Risoux. Néanmoins, elle y vit passer de nombreux officiers allemands, surtout pour le déjeuner. De corpulence forte, mais toujours bien habillée, ayant un caractère bien trempé, elle ne se laissa jamais marcher dessus.

Grâce à elle, de nombreux Champagnolais purent recevoir le fameux " Aus weiss ", le laisser passer entre les 2 zones. La Générale n'hésita pas, pour ce faire, de se présenter à Besançon afin d'obtenir ces fameux laisser passer. En contrepartie, le Général allemand fût quelque fois invité chez Mme Melliès pour le déjeuner....

Son caractère et son franc parlé lui permirent de s'entendre avec les allemands, non pas parce qu'elle les appréciait, mais parce que cela lui permettait de les rouler dans la farine plus facilement !

La Générale Mellièse s'est aussi rendue en Suisse par le Risoux, afin d'apporter de précieux documents. Nous le verront lors du prochain billet.

Je me permets aussi de lancer un appel. En effet, je n'ai jamais vu de photos de cette femme, qui pourtant côtoyait régulièrement les amis du Risoux. Si vous, cher lecteur, en avez, ou savez ou en trouver, je vous prie de bien vouloir me laisser un message sur ce blog. Je trouve important de pouvoir mettre un visage sur des faits, une personne.

Alors d'avance Merci !

vendredi 30 octobre 2009

Georgette Meylan

Georgette Meylan, est née en 1922. Elle a passé sa jeunesse au Campe, près du Brassus. Jeune fille téméraire, sportive, vivante, elle rencontre Victoria par l'intermédiaire de son frère Jean-François, qui passa la frontière en premier. Lors de son passage, il tomba nez à nez avec Marie-Aimée, qui gardait les moutons tout proche de la maison familiale de Sous-Le-Risoux. Ainsi, Georgette ne tarda pas à descendre le Gy de l'Echelle pour y rencontrer ses futures amies.

" Tout a commencé un peu par hasard. Peut-être aussi par curiosité et amour du risque ! J'avais 17 ans au début de la guerre. J'étais une petite jeune fille rondelette et pleine d'énergie. Nous habitions à 5 ou 6 kilomètres de la frontière, au Campe, et nous nous posions beaucoup de question sur ce qui se passait en France "

Durant la guerre, Georgette sera très active sur l'axe Vallée de Joux / Sous-le-Risoux. Elle passera de nombreuses personnes, mais aussi du courrier, de la lessive, des habits.

" Un jour ou Victoria était venue au Campe, Nous avons bourrée deux sacs à dos avec les vêtements ( habits pour 3 enfants sur France, oubliés à l'hôpital du Sentier ) en y ajoutant quelques paquets de tabacs, puis nous sommes parties. Cette fois-là, nous y avions prit le chemin aux Dames. Nous y avons rencontré un bûcheron, de fait, c'était un gendarme Suisse en civil. Il nous a fait vider nos baluchons et il a fallu descendre avec lui à la Vallée. Je pédalais en avant, tandis que Victoria voyageait sur la barre du vélo du gendarme. J'essayais de mettre la mains dans mon sac, car j'aurai bien aimé jeter deux ou trois paquets de tabacs dans les framboisiers ! De plus j'avais une fausse carte d'identité, quand j'allais en France. Je l'ai mangée*! "

Georgette a également connu la fameuse Générale Mélliès, habitant Champagnole. Elle en a toujours gardé un souvenirs mémorable, de cette femme hors du commun, ne mâchant pas ses mots, et volant au secours d'autrui .

Si tout c'est bien passé dans l'ensemble pour elle durant la guerre, un seul drame viendra entacher cette période pour Georgette. Certes, il y a eu les arrestations qui ont touché Georgette; celles de Bernard et Jules Bouveret ( art. précédent ); mais surtout celle d'André Bochy, son petit ami d'alors. Ce dernier n'est jamais revenu du camp de concentration, ou il était interné.

C'est Victoria qui annoncera la terrible nouvelle à Georgette, aux " Prés Derrière ". Cette dernière, apprenant la nouvelle, reprit son vélo...et partit en larmes....


" Au début, nous cachions nos activités à nos parents, car maman était malade et nous ne voulions pas lui faire de soucis. C'était une époque exaltante. Et ce goût du risque et de la provocation, c'était moi tout craché !!* "


* extraits tirés du livre :39-45, les femmes de la MOB. Ed. Zoé, 1989

mardi 22 septembre 2009

André, arrêté et déporté

Si les missions effectuées par le petit groupe d'amis que forment Fred, Georgette, Anne-Marie, Victoria, Madeleine, Minet, Marisoud Bernard et les autres, sont parfois périlleuses, voire dangereuses, il ne faut pas oublier que l'un d'entre-eux y a laissé sa peau, c'était entre 1943 et 1944.

En effet, André Bochy, petit ami de Georgette venait d'entrer dans la Résistance, lorsqu'il fût arrêté par les Allemands, dans son moulin, de l'autre côté du Risoux, en France. Très peu d'informations sont parvenues quant à son arrestation, si ce n'est qu'il avait fait passer des armes provenant d'un parachutage, quelques jours seulement avant le jour fatal. Victoria Cordier se souvient encore :

" J'avais envie de tout abandonner...de rentrer à Champagnole, au Moulin. Je voulais que sa soeur et sa mère me racontent...qu'on tente vite quelque chose. Je fis quand même mon voyage à Paris. Nos tâches n'étaient pas encore finies. Je n'avais pas le droit d'abandonner ceux qui comptaient sur nous. Rentrée à Champagnole, je trouvai mes soeurs dans la consternation......"

Plutard, Victoria se rendra en Suisse, à son arrivée Georgette n'est pas là, il fait sombre dans la cuisine :

" A midi Georgette arriva. Il faisait heureusement sombre dans la cuisine, elle vit mal nos visages. Tu as une lettre me demanda-t-elle aussitôt ? Non; répondis-je; avant de partir il m'a été impossible de passer au moulin !
- Et lui, il ne t'a rien apporté ? Elle fût très déçue, mais ne laissa rien paraître..."

Les jours de guerre passèrent, sans nouvelles de l'ami André. Dans le Risoux, on espérait encore .....

dimanche 26 avril 2009

Anne-Marie Im-Hof Piguet


Anne-Marie, auteur du livre " la Filière ", est née en 1916 au Sentier, Vallée de Joux. Le 12 avril, cette fille combière verra le jour, 4 ans après le naufrage du Titanic. Elle suit des études à la Vallée, puis réussit sa licence en lettres à Lausanne. 1940, elle part à Vienne pour un semestre. La guerre éclatant, elle s'engage dans la Croix-Rouge Suisse aide aux enfants. Elle découvre l'horreur de la guerre, et décide d'aider les enfants Juifs, enfermés dans le sud de la France, attendant leur déportation vers l'Allemagne. Ses nombreux allers-retours entre la France et la Vallée, l'incite donc a créer une filière, remontant du sud, et passant par la " Zone réservée, puis interdite. Cette zone, se situe le long des frontières suisses. Juste au-dessus, la Ligne Maginot, séparant la France occupée de la France libre. Elle élabore des plans, achètes des billets de trains, et fournit de fausses cartes d'identités aux petits déportés. Lorsqu' Anne-Marie découvre en 42 le lieu ou se trouve les enfants, elle déclare :

" J'arrive à Montluel en juin 42, persuadée que je vais secourir de pauvres petits Français. Mais c'est l'étonnement, mêlé d'une pointe de déception, lorsque je vois ces enfants Espagnoles, ou Juifs, pauvres innocents, jetés à la poubelle de l'histoire, par la malice du temps "

Avant le passage officiel, elle teste ainsi le passage du Risoux lors de ses vacances, et rencontre Victoria Cordier et sa soeur Madeleine. Victoria ( voir Victoria Cordier dans les rubriques du blog ) est dans la Résistance, et sa soeur se procurait de fausses cartes d'identités. C'est ainsi que la filière vît le jour.

Le dernier passage s'effectua en mai 44, soit il y aura 65 ans le mois prochain ! Ce dernier passage s'avérera le plus difficile. En effet, c'est dans la forêt du Risoux, qu'une petite équipe de déportés tombera sur le gendarme Adrien Goy. La présence ce jour-ci de Madeleine leur sera déterminante. D'un ton ferme, elle refuse d'être emmenée en Suisse, et de laisser le groupe refoulé en France. Le gendarme, change ainsi d'avis, et décide de les accepter. Ce dernier passage fût le seul a être quelque problématique.

Date des événements : 17 18 et 19 mai 1944
Photo : épluchure des patates, moments de détente, au Chateau de la Hille

mercredi 8 octobre 2008

Eté 1943

La mobilisation Suisse a "ôté" de la vie active près de 440'000 hommes, dès 1939, puis, l'effectif redescendit à 175'000 dès février 1940. L'absence de nourriture oblige la Suisse a créer de nouveaux terrains pour l'agriculture ( plan Wahlen ), c'est ainsi que naissent à travers les grandes villes de Lausanne, Bâle, Zurich ou encore Genève, des champs de patates ou de salades, là ou auparavant, les fans de football venait boire un pot devant le match. On repeint les bordures de trottoirs en blanc, pour éviter les chutes suite à l'obscurcissement. Femmes et enfants s'attellent donc à leur nouvelle tâche. Tâche qui restera en vigueur jusqu'à 1945.

Pendant ce temps là, à "Sous-le-Risoux" l'agitation augmente. La suppression de la ligne de démarcation amplifie les demandes d'informations. Si bien que de nombreuses lettres secrètes, ou codées arrivèrent en Suisse, pour rejoindre Londres ( voir texte sur Michel Hollard, septembre 08 ). Le cheminement se devait d'être rapide et efficace. C'est donc dès 1943 que Victoria Cordier allait devenir un "agent de liaison" entre les 2 pays, la France et la Suisse. Comme elle le disait toujours :

"
Il valait mieux ne jamais, jamais en parler à personne, Il fallait rester le plus discret possible !
"

Si bien que les nombreuses informations concernaient les bombardements des usines d'acier, et de constructions automobiles, ou d'armement. La vie de Victoria devenait trépidante, de l'été 43 à celui de 44. Les voyages étaient nombreux, et reliaient les villes de Paris, Lyon, Dijon, Lausanne et Genève.

Risoux secret et majestueux, tu étais à ce moment là une grande voie internationale, ah si les rochers pouvaient raconter ce qu'ils ont vu, et les sapins ce qu'ils ont abrité !


Pour permettre le passage de denrées, ou messages, une petite boîte en fer gardait sous de grosses racines, nos courriers. Georgette, toujours fidèle venait chercher les pauvres déportés à l'Hôtel d'Italie, et répondait toujours présente. La fin d'année 43 fut intense pour tout ce petit monde qui oeuvrait, telles des fourmis, au sauvetage et à l'information.

dimanche 20 janvier 2008

L'histoire touche à sa fin

L'histoire touche à sa fin. Enfin en quelque sorte. Par un téléphone mystérieux, en ce début d'après-midi, j'apprends par la fille de Anne-Marie Im-Hof Piguet ( livre la Filière ? que Anne-Marie, vient d'entrer dans un home pour personnes âgées, dans le canton de Berne! La santé de Mme Piguet s'est dégradée rapidement, l'obligeant à se rendre dans un établissement spécialisé.

"- elle a toute sa tête, mais parfois elle s'y perd ! "
"- Anne-Marie ne regrette absolument rien, et se souvient de tout ! "

Ainsi, l'amie de Victoria, s'affaiblit inexorablement, comme le veut le destin. Agée de 92 ans, elle doit en avoir des souvenirs mémorables ! Les ballades dans le Risoux, les soirées avec les Amis : Fred, Jean-François, Madeleine Victoria et les autres ... Les grands sapins centenaires doivent encore entendre les echos de leur rire... Même si tout n'a jamais été si facile, elle aura permis à de nombreux enfants d'avoir la vie sauve !

Je vous communiquerai des nouvelles prochainement.

mercredi 7 novembre 2007

Fred rencontre Victoria

Dans le courant de l'année 1942, Fred va rencontrer Victoria Cordier. Cette rencontre s'est passée à l'Hôtel de la Lande, bâtiment installé au centre du Brassus. Cette rencontre aura lieu dans l'escalier du bâtiment. Victoria se repose un instant, avant de continuer son chemin sur Le Campe, lieu d'habitation de Georgette et Jean-François, Fred quant à lui, grimpe les marches afin de rejoindre son supérieur du SR ( Service du renseignement ) Cordey. C'est la rencontre. Dès lors, ces deux personnages seront le centre de la filière d'Anne Marie côté Risoux/Doubs. Biensûr, je n'oublie pas les autres amis, qui ont aussi oeuvrés afin d'apporter des cigarettes, des biscuits, ou encore du chocolat, ou encore plus grand : des informations capitales sur le déroulement du front, et de la guerre.

Les passages vont pouvoir commencer.

dimanche 3 juin 2007

Au début de 1939...

Au début, en 1939-1940, tout était simple. Les agents du renseignements dans toute la Suisse avaient une mission classique : faire du Renseignement. Mais bientôt tout change : l'effondrement militaire et politique de la France en juin 1940, la soudaine occupation de son territoire par les Nazis bouleversent subitement la mission d'origine. Dès l'automne 1941, et surtout à partir de novembre 1942, il n'est plus question pour des hommes comme Fred de se contenter du Renseignement. Il s'agit maintenant de travailler avec des clandestins de Franche-Comté, de la Bresse, du Bugey, de Bourgogne ou de Savoie, avec la Résistance, avec les Alliés. C'est une toute autre musique !

Tandis que la Berne officielle ferme cruellement la porte aux Juifs de l'été 1942 à l'été 1944, à l'heure du péril suprême, les Fred, les Bernard, Les Victoria, les Lilette ( femme de Fred ), les Madeleine, Les Achille, les Georgette, sauvent l'honneur en passant et cachant les fugitifssans rien leur demander en retour.

Qui est Juif ? Qui ne l'est pas ?
Fred, ses Amis, sa famille, sa femme, son clan, sa Vallée ne veulent pas le savoir. Ils font ce qu'il faut faire en de telles circonstances : ne jamais demander aux gens leur certificat de baptême. Ne pas les écraser sous le réglement, ouvrir sa porte et savoir, en conscience, désobéïr jour après jour, pour servir en permanence " Sous les sapins ", la RESISTANCE .

Brétigny ( Paris ) le 1er janvier 2005

( Fred, livre de Daniel Capt éd. L'Aire ) texte de J-P Richardot, journaliste écrivain au journal " Le Monde " .

Revenons à 1939.....

dimanche 6 mai 2007

Georgette, Jean-François et André

Georgette, c'est la bonne copine, celle qui est toujours de la partie pour aider ses Amis, passer des renseignements, ou offrir des gourmandises disparues en France : les cigarettes, le chocolat suisse, et du café. Agée d'une vingtaine d'année, cette jolie jeune femme porte de magnifiques boucles dorées, un sourir pur, et beaucoup de courage. Elle habite " Au Campe " près du Brassus, avec son frère Jean-François, qui suit des études à Lausanne pendant la guerre. Le Campe, c'est un havre de paix pour Victoria et les autres.

En 1941, Victoria rencontre Jean-François, alors que celui-ci venait tout juste de traverser le Risoux et d'arriver à "Sous le Risoux ". Puis, c'est une belle histoire d'amour qui verra le jour, mais dans une Europe trop boulversée pour le vivre pleinement. Victoria fut élevée dans une croyance absolue, ce qui n'était pas le cas de Jean-François. Il était dès lors hors de question pour la maman de Victoria, qu'elle cotoie ce personnage dans un but autre que de l'amitié pur et simple. Aux travers de nombreuses lettres d'amour, ils existent encore...
Puis, dès l'année 42, en juin , ils ne se reverront qu'en tant qu'amis, amis fidèles surement.

André, c'est le copain fidèle. Français, il tient un moulin en France près de Champagnole. Il est l'amoureux de Georgette. Toujours près à rendre service. Malheureusement, un jour tragique de 1943 verra la déportation d'André dans un camp, sans doute dénoncé pour ses agissements auprès du SR ! Là encore, la guerre a frappé. Georgette venant à peine de perdre sa maman, apprend un soir d'été qu'André ne reviendra plus. C'était un soir d'été. Victoria était assise sur des billes de bois. C'était un soir d'été et Georgette ne se doutait pas. C'était un soir d'été à "Prés Derrières"...


En photo : Georgette et André au temps de la joie et de l'amour

samedi 5 mai 2007

Frédérique Reymond dit " Fred "


Fred est un homme simple, connu de tous pour sa gentillesse, son imposante stature de sportif, son calme olympien. Dès le début de la guerre, il devient agent du SR ( Service des Renseignements ) pour la Suisse. C'est au printemps 1941, que se décide une sorte de Résistance, d'aide aux déportés Juifs de France, avec Victoria ( lire ci-dessous ) Georgette* André* Misette Jean-François et Anne-Marie Im-hof Piguet*. De l'aide, mais aussi des passages de lettres, de renseignements. Ainsi, Fred passe Le Risoux à de nombreuses reprises, avec sur lui des cigarettes, du chocolat suisse, qu'il offre à ses amis de Sous-le-Risoux... Mais si il passe ce Risoux, c'est surtout pour ramener à la Suisse de précieux renseignements sur l'ennemi, avec au retour, de pauvres clandestins, heureux de rejoindre notre pays, havre de paix. Car la France du Sud, celle appelée de "neutre"* ( voir sujet Hitler 05/07 ) envoie plus de 77'000 juifs à l'Allemagne, sous le régime de Vichy, commandé par le Général Pétain. Fred ne peut de ce fait fermer les yeux sur ces tragédies, et travaille avec Ses amis pour réduire quelque peu ces horreurs. Le 18 août 1999, il est le premier de la bande à s'en aller tout là haut, sur les sommets des hauts épicéas .... Ce fût pour Fred le seul jour ou il ne pu se lever de son lit...


Il reçu; avec Victoria Cordier et Anne-Marie Im-Hof Piguet; le 27 avril 1997 la Médaille des Justes.

Hitler, le " Fuhrer "



Avant de continuer sur la présentation des personnages principaux, ayant participé à la Résistance, il est important de s'arrêter un instant sur Adolf Hitler, responsable de cette terrible guerre mondiale. Né en 1889, Adolf Hitler ne connaît pas son père. En 1907, il se rend à Vienne afin de faire des études de peintres, qu'il ne finira pas en raison de son échec au Bac. Dès lors, il lit, et devient de plus en plus raciste. En 1929, il entre en politique, en 1933 crée le IIIème Reich, puis en 1936 déjà, signe un pacte avec Mussolini, lui permettant de créer son empire colonial en l'aidant à poursuivre sa conquête de l'Ethiopie. Petit à petit, les usines tournent à plein régime, fabricant des engins de guerre en quantités imposantes....l'approche de la guerre semble se concrétiser. En 1938, les nazis envahissent l'Autriche, et les années suivantes, la France se scinde en 2 parties, le Nord est zone occupée allemande, et le Sud zone neutre gérée par le gouvernement de Vichy ( Pétain ). Le Jura devient zone interdite ! Les camps existent déjà, car l'autre but d'Hitler ( en dehors de l'invasion mondiale ) est l'extérmination totale des Juifs, Homosexuels, handicapés moteurs/mentaux, prostituées, résistants, brefs, tout ce qui ne peut être admis dans le IIIème Reich prévu pour durer 1000 ans ! En 5 années de guerre, 60 millions de morts sont dénombrés, soit la population de Morges décimée par jour ! C'est en 1945 qu'Hitler se suicide dans son bunker, rongé par la folie....

vendredi 4 mai 2007

Victoria Cordier






Victoria Cordier est née en 1919, à Sous le Risoux, dans le Doubs, à quelques km de Mouthe, le Chef-lieu. Sa maison qui porte le même nom a été le berceau de Victoria. Duraant la guerre, elle aide de nombreux déportés à traverser le Risoux pour arriver à la Vallée de Joux, loin des armées du Reich. Aidée par ces deux soeurs Madeleine et Marie-Aimée, ainsi que sa maman, très croyante. Durant la guerre, elle tombe amoureuse de Jean-François Meylan, habitant Le Campe, près du Brassus, sur sol helvétique. Leur relation fût brève et difficile, car la famille de Jean-François est athée, ce qui n'est pas le cas des Cordier. La filière prendra toute son ampleur grâce également à Anne-Marie Im-Hof Piguet, aidée par Fred Reymond, Georgette, Misette, André, Bernard et les autres.


Après un mariage, des années en Côte d'Ivoire, elle retrouve son Risoux au décès de son mari, puis se remarie. Son 2ème mari décède peu de temps après en 1997, et Victoria en 2003, le 5 juin. Dès cette date, c'est tout un chapître de l'histoire qui se referme. Ainsi, une dernière fois, Victoria a escaladé son Gît, afin de rejoindre les étoiles qui brillent intensément dans le ciel de son Risoux tant aimé.

En photo : Victoria et sa soeur Madeleine